Édouard Herriot · 1872-1957

Biographie d’Édouard Herriot

Un parcours retracé à partir des sources institutionnelles et des travaux universitaires récents, sans éluder ni les zones d’ombre ni les controverses.

Avant-propos

Portrait d’Édouard Herriot en buste, tenant sa pipe
Édouard Herriot, pipe à la main, photographié par Henri Manuel (années 1920). Crédit : Henri Manuel – domaine public, via Wikimedia Commons.

Édouard Herriot (1872-1957) occupe une place singulière dans l’histoire de la République : maire de Lyon de 1905 à sa mort en 1957 (avec la seule interruption de l’Occupation), trois fois président du Conseil, président de la Chambre des députés puis de l’Assemblée nationale, chef historique du Parti radical, membre de l’Académie française. Cette biographie retrace son parcours à partir des sources institutionnelles (Assemblée nationale, Sénat, Académie française, Archives municipales de Lyon, INA) et des travaux universitaires récents, en signalant en note les points où les sources divergent. Conformément à la vocation du Cercle (une mémoire fidèle mais critique), elle n’élude ni les zones d’ombre ni les controverses.

1. Les années de formation (1872-1904)

Un fils d’officier

Façade d’immeuble au numéro 28, avec une porte en bois surmontée d’une plaque commémorative ornée d’un médaillon à l’effigie d’Édouard Herriot
Maison natale d’Édouard Herriot, 28 place Jean-Jaurès à Troyes. La plaque porte : « Le Président Édouard Herriot est né dans cette maison le 5 juillet 1872 ». Crédit : Xuvier, 2022 – CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Édouard Herriot naît le 5 juillet 1872 à Troyes (Aube)1. Son père, (Jean) François-Nicolas Herriot (1836-1889), est officier d’infanterie ; sa mère se nomme Jeanne-Eugénie Collon (1852-1896)2. La famille, originaire des Vosges selon le Dictionnaire des parlementaires, suit les affectations paternelles : l’enfant grandit à l’ombre des casernes, dans le souvenir encore vif de la défaite de 1870 et de la perte de l’Alsace-Lorraine3.

Il passe une partie de son enfance à La Roche-sur-Yon, où il fréquente le lycée, et séjourne chez un oncle, curé de Saint-Pouange (Aube), qui lui enseigne le latin. Le Dictionnaire des parlementaires voit dans ce séjour la découverte d’un « humanisme chrétien » et l’apprentissage de la tolérance ; une donnée à garder en mémoire pour comprendre le laïque intransigeant, mais jamais antireligieux par principe, qu’il deviendra4.

Le parcours d’un boursier de la République

Élève brillant, il obtient une bourse pour le collège Sainte-Barbe à Paris, où il a pour compagnons, selon le Dictionnaire des parlementaires, Charles Péguy et Jérôme Tharaud ; ce dernier le recevra, un demi-siècle plus tard, sous la Coupole de l’Académie française5. Après une khâgne au lycée Louis-le-Grand, il entre à l’École normale supérieure en 18916 et est reçu premier à l’agrégation de lettres en 1894, à vingt-deux ans7. Ce parcours méritocratique, de la bourse à la rue d’Ulm, fera de lui l’incarnation de l’idéal scolaire républicain qu’il défendra toute sa vie.

Après son service militaire, durant lequel il rédige, pour un concours de l’Académie des sciences morales et politiques, un mémoire sur Philon le Juif (Hachette, 1898)8, il enseigne un an au lycée de Nantes (1895-1896), puis est nommé professeur de rhétorique au lycée Ampère de Lyon à l’automne 18969. Parmi ses élèves figure le jeune Édouard Daladier, futur président du Conseil et rival au sein du Parti radical10.

L’affaire Dreyfus et le choix de l’engagement

C’est l’affaire Dreyfus qui fait basculer l’universitaire vers la politique. Selon le Dictionnaire des parlementaires, c’est la lettre de Zola (J’accuse… !, janvier 1898) qui le décide ; il s’engage aux côtés des dreyfusards11. Il épouse le 30 octobre 1899 Blanche Rebatel (née à Lyon le 4 août 1877, morte le 25 septembre 1962), fille du docteur Fleury Rebatel, conseiller général (1880-1898) et président du Conseil général du Rhône ; une alliance qui l’insère dans les réseaux républicains lyonnais12. En 1904, il soutient sa thèse de doctorat, Madame Récamier et ses amis (Plon-Nourrit, 2 vol.), ouvrage qui sera réédité à plusieurs reprises et porté à l’écran en 192813.

2. Le maire de Lyon (1905-1957)

Une ascension fulgurante

Édouard Herriot en habit, portant l’écharpe de maire, chapeau à la main
Édouard Herriot, maire de Lyon, en 1914, ceint de l’écharpe tricolore. Crédit : Agence Rol, Bibliothèque nationale de France – domaine public, via Wikimedia Commons.

Élu conseiller municipal de Lyon en mai 1904, à trente et un ans, Herriot devient adjoint chargé de l’instruction publique dans la municipalité de Victor Augagneur14. Lorsque ce dernier est nommé gouverneur général de Madagascar, le conseil municipal élit Herriot maire le 3 novembre 190515. Il le restera jusqu’à sa mort, à l’exception d’une brève interruption en 1920 et de l’Occupation. Les Archives municipales distinguent trois mandatures : du 3 novembre 1905 au 16 février 1920, du 19 mars 1920 au 20 septembre 1940, et du 19 mai 1945 au 26 mars 195716.

Le « maire bâtisseur » et Tony Garnier

Herriot fait de Lyon un laboratoire de la modernité municipale. Son association avec l’architecte Tony Garnier, auteur de la Cité industrielle, produit une série d’équipements qui façonnent encore la ville : les abattoirs et le marché aux bestiaux de la Mouche à Gerland (1913-1928), l’hôpital de Grange-Blanche (1914-1933), le stade municipal de Gerland (1913-1926) et le quartier des États-Unis (1920-1935)17. L’hôpital, jugé « révolutionnaire pour l’époque », prend le nom d’hôpital Édouard-Herriot le 20 mai 1935, du vivant même du maire18. Un journaliste cité par l’UCIL compare ce tandem à celui de de Gaulle et Malraux, évoquant « une espèce de feu d’artifice absolu »19.

L’œuvre ne se limite pas aux grands monuments. La municipalité crée la Foire internationale de Lyon en 1916, en pleine guerre, pour « concurrencer le commerce allemand et sa foire de Leipzig »20 ; elle bâtit onze écoles maternelles, une vingtaine de groupes scolaires et douze crèches, des internats municipaux (château du Vernay, 1920 ; domaine de Tourvielle, 1922), l’École de tissage (1927-1933), la piscine Garibaldi (inaugurée en 193321), la salle Rameau et plusieurs salles des fêtes ; l’Office municipal d’habitations à bon marché, fondé en 1920, construit environ 4 400 logements avant 193922. Herriot soutient aussi très tôt l’aviation, avec le terrain qui deviendra l’aérodrome de Bron (1910)23.

Herriot fait de Lyon une vitrine internationale : l’Exposition internationale urbaine se tient du 1er mai au 1er novembre 1914 dans le quartier de la Mouche (Gerland), sur 75 hectares, autour de la grande halle construite par Tony Garnier pour les futurs abattoirs ; elle comprend une section coloniale. La présence, au sein de cette section, d’un « village » reconstitué par des Sénégalais amenés des colonies vaut aujourd’hui à Herriot des critiques ; en 2020, son buste du square Jussieu a été porté sur une carte militante des monuments contestés24. La guerre interrompt l’élan de cette grande exposition : dès l’été 1914, la halle est transformée en arsenal militaire25.

Une politique culturelle avant l’heure

La Bibliothèque municipale de Lyon le décrit comme « l’instigateur de la politique culturelle lyonnaise durant cinquante ans », à une époque où l’État ne dispose pas encore de ministère de la Culture26. Mélomane, biographe de Beethoven (La Vie de Beethoven, Gallimard, 1929), il développe l’enseignement musical et les concerts municipaux ; une esquisse autographe de Beethoven qui lui fut offerte est conservée aux Archives municipales27. Il transfère la Bibliothèque municipale dans l’ancien archevêché (1912) et inaugure le Musée historique (1921)28. Le 8 novembre 1954, octogénaire, il inaugure la télévision régionale lyonnaise, dont l’émetteur est installé à Fourvière29.

Dans ses mémoires, il résume lui-même la hiérarchie de ses engagements : « dans ma longue vie publique, le problème qui m’a le plus constamment occupé est celui de l’administration de la ville de Lyon »30.

Regard critique. L’historiographie récente, notamment la thèse de Yann Sambuis (Édouard Herriot et les forces politiques lyonnaises, 1904-1957, Lyon 2, 2021), s’attache à dépasser la légende du « maire bâtisseur » pour analyser le système politique municipal, l’« herriotisme », fondé sur des alliances mouvantes avec les modérés, une forte personnalisation du pouvoir et un contrôle étroit de la vie politique locale. Voir aussi Bruno Benoit (dir.), Édouard Herriot en quatre portraits, Presses universitaires du Septentrion, 2020.

3. Du Sénat au ministère : la Grande Guerre (1912-1919)

Le sénateur et le maire dans la guerre

Conseiller général du Rhône (1910)31, Herriot est élu sénateur du Rhône le 11 août 1912 ; il siégera au Palais du Luxembourg jusqu’à sa démission du 23 décembre 191932. Pendant la guerre, le maire organise l’assistance aux familles, l’accueil des blessés et le ravitaillement de la ville, soutient les emprunts nationaux et multiplie discours et affiches patriotiques33.

Le ministre des Travaux publics, des Transports et du Ravitaillement

Aristide Briand l’appelle dans son sixième gouvernement le 12 décembre 1916 comme ministre des Travaux publics et des Transports34. Le portefeuille est un cadeau empoisonné : son prédécesseur Marcel Sembat vient d’être emporté par la pénurie de charbon, dans l’un des hivers les plus froids de la guerre, et le décret du 31 décembre 1916 lui rattache en outre les services du Ravitaillement35. Herriot fait du charbon une question de survie nationale : devant la commission des Mines de la Chambre, le 23 janvier 1917, il déclare que « la question du charbon supporte toute la guerre » et que « la mine est la première des usines de guerre »36 ; en février 1917, il négocie à Londres, avec Louis Loucheur, l’approvisionnement en charbon britannique. La chute du cabinet Briand, le 17 mars 1917, à la suite de la démission du ministre de la Guerre Lyautey, met fin à cette première expérience gouvernementale après trois mois.

La carte de pain : ce qu’il a fait, ce qu’on lui prête

Toutes les notices biographiques résument ce ministère d’une formule : « Il doit imposer la carte de pain »37. La formule est commode, mais chronologiquement inexacte, et elle mérite d’être expliquée, car elle recouvre l’un des dispositifs les plus intrusifs qu’ait connus la France du XXe siècle.

La carte de pain est une carte individuelle, nominative et intransmissible, signée de son titulaire, remise à domicile par un Office communal du pain qui classe chaque habitant dans une catégorie de consommation. Elle s’accompagne de carnets de tickets de 100 grammes, valables un mois et périmés à la fin du mois ; le boulanger, rattaché à un moulin unique, ne reçoit de farine qu’à proportion des tickets qu’il a collectés le mois précédent, et les restaurants ne sont réapprovisionnés que contre les tickets de leurs clients. Le régime initial distingue trois catégories : 600 grammes par jour pour les hommes exerçant des métiers de force, 500 pour les femmes dans le même cas, 400 et 300 pour les petits métiers, 200 pour tous les autres. Un an plus tard, au plus fort de la crise, le classement se fait par lettres : E pour les enfants de moins de trois ans (100 grammes), J de trois à treize ans (200), A pour les adultes sans travail de force (300), T pour les travailleurs de force (400), V pour les plus de soixante ans (200). C’est le rationnement le plus sévère qu’ait subi la population française pendant la guerre : la consommation moyenne avant 1914 oscillait entre 400 et 500 grammes par jour et par personne, et la consommation nationale de céréales tombe de 650 000 tonnes par mois à 430 000 dès le début de 191838.

Or ce dispositif est postérieur de huit mois au départ d’Herriot. Il repose sur l’article 3 du décret du 30 novembre 1917, qui autorise l’établissement d’« une carte individuelle permettant aux consommateurs d’acheter leur ration journalière de pain » dans les communes de plus de 20 000 habitants, et sur l’arrêté du 1er décembre 1917 qui en fixe les règles ; l’un et l’autre sont signés par Victor Boret, ministre de l’Agriculture et du Ravitaillement du gouvernement Clemenceau. La carte est appliquée à Paris le 1er février 1918 et généralisée à toutes les communes le 1er juin 191839. La confusion s’explique sans doute par les cartes de pain municipales, que des maires instituèrent par arrêté dès le printemps 1917, et par le fait que le rationnement du pain a bien été discuté sous le ministère d’Herriot40.

Ce qu’Herriot a réellement institué n’est pas moins notable : le carnet de sucre, premier rationnement individuel de l’histoire française. Une série de circulaires prises entre le 4 janvier et le 29 mars 1917, sous l’autorité du ministre des Travaux publics, des Transports et du Ravitaillement, subordonne à compter du 1er mars 1917 toute vente de sucre à la présentation d’un carnet nominatif donnant droit à 750 grammes par personne et par mois, en trois coupons de 250 grammes, avec un supplément pour les jeunes enfants et les vieillards41. Sur le pain, son ministère procède par restrictions indirectes : le décret du 9 février 1917 interdit la vente du pain frais, qui ne peut être mis en vente que douze heures après la cuisson, et prohibe les pains de fantaisie, les brioches et les croissants ; un arrêté du 20 janvier 1917 avait déjà réglementé la pâtisserie42. La substance de la formule héritée est donc juste, à condition d’en corriger l’objet : Herriot n’a pas imposé la carte de pain, il a imposé au pays ses premières privations alimentaires organisées.

L’enquête sur le ravitaillement lyonnais (1918-1919)

Les notices officielles expédient de même en une ligne l’affaire qui faillit briser sa carrière : « Clemenceau le soumet à une enquête, qui le lavera de tout soupçon »43. Le travail de Yann Sambuis en a rétabli le détail44. Tout part de la nomination, le 3 septembre 1918, d’un préfet du Rhône proche de Clemenceau, Antoine Marty. À la demande du ministère du Ravitaillement, celui-ci ouvre une enquête, non sur le maire, mais sur un négociant en grains lyonnais nommé Ferriot, soupçonné d’avoir revendu du riz à la mairie hors des tarifs réglementaires. La quasi-homonymie fait le reste : la rumeur enfle à Lyon pendant l’hiver, la Sûreté adresse au parquet des rapports qui portent en réalité sur Herriot et sa gestion municipale, et Le Temps publie le 10 février 1919 un article intitulé « Les généreuses imprudences de M. Herriot », affirmant tenir ses informations du préfet en personne.

Herriot contre-attaque sur les deux terrains. Le conseil municipal de Lyon adopte un vœu unanime le 7 février 1919 ; le 11 février, il interpelle au Sénat le ministre de l’Intérieur Jules Pams, dénonce une police politique et conclut : « Dans une république, ce qu’il y a de plus odieux, c’est la collusion, même légère, entre l’administration et la justice » ; il obtient la promesse d’une enquête indépendante de la Cour des comptes45. Le gouvernement bat en retraite : le 31 mars, les magistrats lyonnais qui ont dénoncé les pressions préfectorales sont déplacés, le préfet Marty est promu au ministère, et leurs successeurs concluent au non-lieu. Herriot en sort blanchi, non par une décision d’absolution, mais par l’étouffement du dossier46. Il en tirera, dans ses mémoires, une formule désabusée : « J’ai dit parfois, en riant, que, dans cette période, j’avais été le seul mercanti poursuivi »47.

Agir et Créer

De cette guerre, Herriot tire deux livres-programmes, Agir (1917) et Créer (1919), qui exposent un plan de modernisation économique et d’organisation nationale48. L’historien Nicolas Beaupré y voit la matrice de sa pensée politique ultérieure : Herriot y pense l’avenir à travers les expériences du passé, et singulièrement celle de la Grande Guerre49.

4. Le chef radical et le Cartel des gauches (1919-1926)

L’entrée à la Chambre

Élu député du Rhône le 16 novembre 191950, Herriot est élu la même année président du Parti républicain, radical et radical-socialiste. Il en demeure le chef pendant plus de trente-cinq ans, avec deux interruptions51. Opposant à la Chambre « bleu horizon », il combat la politique de coercition envers l’Allemagne et l’occupation de la Ruhr ; son premier grand discours, le 16 novembre 1920, est dirigé contre le rétablissement de l’ambassade de France auprès du Vatican52. Il se rend en Russie soviétique dès 1922, voyage dont il tire La Russie nouvelle (Ferenczi, 1922)53.

Le premier gouvernement Herriot (juin 1924 – avril 1925)

Les élections du 11 mai 1924 donnent la victoire au Cartel des gauches, alliance électorale des radicaux, des républicains socialistes et de la SFIO. Après que la nouvelle majorité a contraint le président Millerand à la démission (11 juin 1924), Herriot devient président du Conseil et ministre des Affaires étrangères le 14 juin 1924 ; les socialistes le soutiennent sans participer au gouvernement54. Jules Romains voit alors en lui « le plus grand orateur français depuis Jaurès »55.

En politique extérieure, il infléchit nettement la ligne de Poincaré. À la conférence de Londres (16 juillet – 16 août 1924), il accepte le plan Dawes sur les réparations allemandes et l’évacuation progressive de la Ruhr, achevée en août 192556. À la Société des Nations, il défend le triptyque « arbitrage, sécurité, désarmement », traduit dans le protocole de Genève du 2 octobre 1924, que le Royaume-Uni ne ratifiera pas57. Le 28 octobre 1924, par une lettre signée d’Herriot, la France reconnaît de jure le gouvernement de l’Union soviétique58.

Dessin des trois chefs de gouvernement Theunis, Herriot et MacDonald, côte à côte
« Symbolizing the New Spirit in Europe » : Georges Theunis (Belgique), Édouard Herriot (France) et Ramsay MacDonald (Royaume-Uni), dessin d’Edwin Marcus, The New York Times, 24 août 1924. Crédit : Edwin Marcus – domaine public, via Wikimedia Commons.

À l’intérieur, le gouvernement fait transférer les cendres de Jaurès au Panthéon (novembre 1924), crée le Conseil national économique (janvier 1925) et prépare la gratuité de l’enseignement secondaire59. Mais la volonté d’appliquer les lois laïques en Alsace-Lorraine et de supprimer l’ambassade au Vatican suscite une vive mobilisation catholique ; le gouvernement doit maintenir le régime concordataire alsacien60.

Vue de la salle de l’Assemblée de la Société des Nations pendant le discours d’Édouard Herriot
Discours d’Édouard Herriot à la Société des Nations, 5 septembre 1924. Crédit : Archives municipales de Lyon, 100PH/2/18 – CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

C’est pourtant la question financière qui lui est fatale. Confronté à la défiance des milieux d’affaires et de la Banque de France (le fameux « mur d’argent »), à la démission de son ministre des Finances Étienne Clémentel (3 avril 1925) et à l’évocation d’un impôt sur le capital, le gouvernement est renversé par le Sénat le 10 avril 192561.

Président de la Chambre, gouvernement éclair et ministère Poincaré

Élu président de la Chambre des députés en avril 192562, Herriot quitte son fauteuil présidentiel le 17 juillet 1926 pour combattre à la tribune la demande de pleins pouvoirs financiers de Joseph Caillaux, provoquant la chute du cabinet Briand63. Chargé de former le gouvernement, il constitue son deuxième cabinet le 19 juillet 1926 ; celui-ci est renversé dès le 21 juillet, le jour même de sa présentation, dans un climat de panique monétaire64.

Il accepte alors d’entrer, comme ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, dans le gouvernement d’Union nationale de Raymond Poincaré (23 juillet 1926 – 6 novembre 1928). Il y défend l’« école unique » et engage la gratuité de l’enseignement secondaire : la loi de finances du 27 décembre 1927 l’instaure à partir de 1928 pour les élèves des établissements secondaires auxquels est annexée une école primaire supérieure ou technique ; elle sera généralisée de 1930 (sixième) à 1933 (toutes les classes)65. En 1928, les radicaux quittent le gouvernement Poincaré ; Herriot publie la même année Pourquoi je suis radical-socialiste66.

5. Les années trente : l’homme d’État et ses limites (1928-1940)

Le troisième gouvernement et les dettes américaines (1932)

Édouard Herriot debout, prononçant un discours devant une longue table de banquet
Édouard Herriot prononçant une allocution dans les salons Berrier-Millet, 23 janvier 1932. Crédit : Archives municipales de Lyon, 1PH/639 – CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Après la victoire de la gauche aux élections de mai 1932, Herriot redevient président du Conseil et ministre des Affaires étrangères du 3 juin au 14 décembre 193267. À la conférence de Lausanne, il accepte la quasi-liquidation des réparations allemandes, tout en évitant leur annulation totale : l’Allemagne s’engage à un paiement forfaitaire de 3 milliards de marks-or ; à l’intérieur, il mène une politique de rigueur budgétaire68. Il tombe sur une question de principe : convaincu que la France doit honorer l’échéance de décembre de ses dettes de guerre envers les États-Unis, il est mis en minorité le 14 décembre 193269.

Le voyage en URSS de 1933

À la fin de l’été 1933 (arrivée à Odessa le 26 août, retour à Lyon le 14 septembre), il effectue un voyage en Union soviétique à l’invitation du gouvernement de Moscou et traverse l’Ukraine alors frappée par la grande famine (Holodomor). Ses déclarations minimisant la famine, largement exploitées par la propagande soviétique, pèsent durablement sur sa mémoire70. Il en publie le récit dans Orient (Hachette, mars 1934), qui couvre tout le voyage (Turquie, URSS, Lettonie) et consacre 29 de ses 418 pages à l’Ukraine71. Ce rapprochement avec l’URSS s’inscrit dans une logique diplomatique constante : Herriot approuve le pacte franco-soviétique du 2 mai 1935, conçu comme un contrepoids à l’Allemagne hitlérienne72.

Point de mémoire critique. L’épisode de 1933 est aujourd’hui l’un des plus discutés de sa carrière, en France comme en Ukraine. L’ouvrage d’Iryna Dmytrychyn (2018) en constitue l’étude la plus complète en langue française.

Ministre d’État, puis président de la Chambre

Après l’émeute du 6 février 1934, il entre comme ministre d’État dans les gouvernements d’union nationale de Gaston Doumergue, Pierre-Étienne Flandin et Pierre Laval (9 février 1934 – 22 janvier 1936)73. Hostile au projet de renforcement de l’exécutif porté par Doumergue, il provoque sa chute en quittant le cabinet avec les ministres radicaux le 8 novembre 193474. Fin 1935 ou début 1936 (les sources divergent), mis en cause au sein de son parti, il abandonne la présidence du Parti radical à Édouard Daladier, principal artisan de l’entrée des radicaux dans le Front populaire.

Réélu député en 1936 (pour la première fois de sa vie au second tour), il est élu président de la Chambre des députés le 4 juin 1936 et le demeure jusqu’à la fin de la IIIe République75. Parallèlement, il poursuit une œuvre d’historien avec Lyon n’est plus (Hachette, 4 vol., 1937-1940), vaste histoire de la Révolution et de la Terreur à Lyon76. L’Académie française le qualifie d’« antimunichois de la première heure »77.

6. L’épreuve de la guerre (1940-1945)

Juillet 1940 : l’abstention

En juin 1940, Herriot se déclare favorable au transfert des pouvoirs publics hors de France ; le 17 juin, il obtient que Lyon soit déclarée ville ouverte78. À Vichy, il préside la séance de la Chambre du 9 juillet qui approuve le principe de la révision constitutionnelle et y rend hommage au maréchal Pétain79. Le 10 juillet 1940, lors du vote des pleins pouvoirs constituants au maréchal, il s’abstient volontairement : il ne figure donc ni parmi les votants favorables ni parmi les quatre-vingts parlementaires qui votent contre80. Il est relevé de ses fonctions de maire en septembre 194081.

Selon l’INA, il ne prend pas d’emblée ses distances avec Vichy : son hostilité s’affirme en 1942, après la mise en sommeil des bureaux des Assemblées82. Jérôme Henning décrit un parcours marqué par « une ambivalence entre une soumission à la force des événements et des choix affirmés », fait de relations discrètes avec des groupes de résistance et des autorités étrangères, mais aussi d’une influence déclinante83.

La « résistance légale » des présidents des Chambres (1940-1942)

L’attitude d’Herriot sous l’Occupation ne se comprend qu’à travers la notion de résistance légale, forgée par Serge Berstein et systématisée par Jérôme Henning84. Elle repose sur un point de droit : l’acte constitutionnel n° 3 du 11 juillet 1940 ajourne les Chambres sine die, mais les maintient en existence, ce qui proroge de fait les bureaux et les présidences. Herriot, président de la Chambre, et Jules Jeanneney, président du Sénat, disposent donc d’une légitimité institutionnelle que Vichy n’a pas supprimée, et ils vont l’utiliser comme levier. Henning la définit comme la création d’un rapport de force avec le Gouvernement qui « repose sur les institutions républicaines » et « ne se réalise que dans le cadre de la légalité »85.

Les actes s’enchaînent pendant deux ans. Les deux présidents protestent contre la non-réunion des commissions ; ils freinent la transmission des procès-verbaux des comités secrets à la Cour suprême de Riom ; ils défendent les parlementaires internés, Georges Mandel, Léon Blum, Édouard Daladier, Jean Zay, et Herriot obtient du garde des Sceaux Joseph Barthélemy un adoucissement des conditions de détention du député Pierre Bloch. Surtout, après la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs, le Gouvernement demande le 21 octobre aux questures la liste des parlementaires juifs : les deux présidents opposent un refus, en exigeant le respect de la procédure légale de déchéance86. Suivent une lettre commune du 17 mai 1941 mettant Pétain en garde contre toute collaboration militaire, une protestation du 27 août 1941 contre le transfert des bureaux à Châtelguyon, et, au début de 1942, un projet de convoquer les Chambres en cas de décès du maréchal, la loi du 10 juillet 1940 ne permettant pas le transfert de ses pouvoirs à Darlan.

Cette ligne a ses limites, et il serait malhonnête de les taire. Les deux présidents refusent la désobéissance : ayant refusé de fournir les noms, ils finissent par appliquer le statut des Juifs à leur propre personnel, au terme d’un entretien avec Pétain le 27 janvier 1941 où Jeanneney résume la doctrine commune : « Je réprouve la loi sur le statut des Juifs […]. Elle est pourtant la loi. Obéissance lui est due. Ce n’est pas à elle que je résiste, mais à un ordre que vous n’avez pas le droit de me donner »87. La distinction qu’ils opèrent est subtile et discutable : ils tiennent le Gouvernement pour politiquement illégitime, mais le régime pour constitutionnellement fondé, et refusent donc de sortir d’une légalité que leur fonction les oblige à respecter88. Olivier Wieviorka y voit des hommes « prisonniers de leur juridisme », qui « se cantonnent à la défense de leurs institutions, mais n’imaginent guère combattre au nom des principes » ; Karen Fiorentino juge leur action « bien plus représentative d’une attitude passive que d’une réelle volonté de résistance »89.

Août 1942 : la rupture, et la lettre au grand rabbin

La loi du 25 août 1942 supprime les bureaux des deux Chambres : elle retire aux deux présidents le fondement institutionnel de leur action, et provoque leur rupture ouverte avec Vichy. Quatre actes se succèdent en quarante-huit heures. Le 30 août 1942, Herriot et Jeanneney adressent au grand rabbin de France une lettre de soutien qui dénonce les « iniquités et les spoliations » et « la barbarie du traitement que subissent les enfants » juifs, « en zone libre comme en zone occupée »90. Le même jour, Herriot renvoie sa croix de la Légion d’honneur, pour protester contre son attribution à des Français tombés en Russie sous l’uniforme allemand91. Le 31 août, les deux présidents écrivent à Pétain une lettre sans atténuations protocolaires : « Non seulement le mot République a disparu du Journal officiel et du fronton des bâtiments nationaux ; mais vous abolissez partout le principe de la représentation élective […]. Vous avez rétabli les lettres de cachet. De tels actes constituent beaucoup plus que des détournements de pouvoir »92. Le même jour encore, Herriot écrit au président Roosevelt pour décliner l’offre d’asile aux États-Unis.

Résidence surveillée et internements en France (octobre 1942 – août 1944)

La réaction du régime est immédiate. Le 30 septembre 1942, le préfet régional Alexandre Angéli vient exiger d’Herriot l’engagement de ne pas quitter la France ; celui-ci refuse. Le 1er octobre à huit heures, un commissaire lui notifie l’arrêté d’assignation à résidence et le conduit à Brotel, la maison forte de son épouse à Saint-Baudille-de-la-Tour, en Isère, escorté de deux voitures de police, d’un fourgon cellulaire vide et d’un car du Service d’ordre légionnaire93. La surveillance se durcit à l’automne ; le 26 novembre 1942 à cinq heures du matin, le préfet de l’Isère le réveille pour lui notifier son transfert à Évaux-les-Bains, dans la Creuse, où un hôtel a été transformé en prison. Il y passe quarante jours au secret, aux côtés notamment de Léon Jouhaux, avant d’être installé en février 1943 dans une maison du village. Il a soixante et onze ans et il est malade ; son biographe Jacques Bruyas est le seul à rapporter les mauvais traitements qu’il y aurait subis, privation de sommeil et de nourriture94.

À l’été 1943, sans qu’aucun motif lui soit communiqué, il est remis aux autorités allemandes : c’est le tournant. Assigné à résidence avec son épouse à Vittel, dans les Vosges, sous le contrôle de la Gestapo, il est peu après transféré à l’hôpital psychiatrique de Maréville, près de Nancy. Les raisons de cet internement psychiatrique restent discutées : dépression selon Serge Berstein, simulation de la folie pour échapper à la déportation selon Fred Kupferman, inaptitude à la déportation constatée par les Allemands selon les Archives municipales de Lyon95.

La manœuvre de Laval et la déportation en Allemagne (août 1944 – avril 1945)

Le 12 août 1944, alors que les Alliés approchent de Paris, Pierre Laval vient chercher Herriot dans sa prison lorraine et le ramène à Paris avec l’accord de l’ambassadeur Otto Abetz : il s’agit de lui faire convoquer les Chambres et former un gouvernement de transition qui ferait pièce au Gouvernement provisoire du général de Gaulle96. Herriot ne refuse pas d’emblée : il feint d’accepter, temporise, puis se retranche derrière le silence de Jules Jeanneney pour ne pas décider, dans l’attente de l’arrivée des troupes alliées. Il décline aussi bien l’offre de gagner la Suisse que le plan d’évasion monté par la Résistance, par crainte de représailles sur des otages. De Gaulle lui reprochera cette « attitude ondoyante » vis-à-vis de Laval et d’Abetz97.

Le refus final entraîne son arrestation par les Allemands, le 17 août 194498. Il est brièvement détenu par la Gestapo dans un hôtel de Nancy, reconduit à Maréville, puis, quelques jours plus tard, déporté en Allemagne. C’est seulement à ce moment qu’il quitte le territoire français : il est conduit à Babelsberg, près de Potsdam, et remis à la Gestapo, sans doute comme otage, dans un ancien sanatorium reconverti en lazaret99. Ses conditions matérielles y sont supportables, mais la surveillance est constante : le directeur de l’établissement, le docteur Simm, francophile et hostile au nazisme, lui procure des livres, la presse française et un poste de radio, et s’opposera en avril 1945 à son transfert à Berlin, qui pouvait annoncer son exécution ; les nuits se passent souvent dans le bunker, sous les bombardements100.

Libéré sur place par l’Armée rouge le 24 ou le 25 avril 1945, il est rapatrié par Moscou, où il s’exprime à la radio soviétique et appelle les Français à soutenir le Gouvernement provisoire, puis par Téhéran et Le Caire101. Herriot est de retour à Paris le 21 mai. Le général de Gaulle lui remet les insignes de la Légion d’honneur, mais refuse qu’il réintègre l’hôtel de Lassay102. Réélu maire de Lyon en son absence (19 mai 1945)103, il est accueilli à l’aéroport de Bron par le maire provisoire Justin Godart ; les Actualités françaises filment son retour, daté du 25 mai 1945104.

7. Le « patriarche » de la IVe République (1945-1957)

La présidence de l’Assemblée nationale

Réélu député aux deux Assemblées constituantes (1945, 1946), puis à l’Assemblée nationale (1946, 1951, 1956)105, Herriot défend le bicamérisme et le scrutin d’arrondissement contre le projet constitutionnel initial. Il préside de nouveau le Parti radical après la Libération (congrès d’août 1945) et en devient président à vie par acclamation en 1953106. Le 21 janvier 1947, il est élu président de l’Assemblée nationale, fonction qu’il exerce jusqu’au 11 janvier 1954 ; il y soutient les gouvernements de « Troisième Force » face aux oppositions communiste et gaulliste107. En 1951, Léon Martinaud-Déplat résume l’aura du personnage : « Cet homme, c’est la République en personne ! », formule que reprend le titre de la biographie de Serge Berstein108. Affaibli par la maladie, il renonce à se représenter fin 1953 ; l’Assemblée lui confère le titre, alors sans précédent, de président d’honneur109.

Édouard Herriot âgé, assis, entouré d’officiels et d’enfants portant des fleurs
Édouard Herriot lors de l’inauguration de l’avenue des Frères-Lumière, 1955. Crédit : Archives municipales de Lyon, 100PH/1/58 – CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Sa vision coloniale demeure celle de la IIIe République. En 1946, devant la seconde Assemblée constituante, il met en garde contre une rédaction trop libérale du titre consacré à l’Union française : « La France deviendrait ainsi la colonie de ses anciennes colonies »110 ; une position aujourd’hui étudiée comme révélatrice des limites de l’universalisme républicain de l’époque.

L’académicien et le dernier combat : la CED

Élu à l’Académie française le 5 décembre 1946 au fauteuil 8, en remplacement d’Octave Aubry, mort avant sa réception, il est reçu le 26 juin 1947 par son ancien condisciple de Sainte-Barbe, Jérôme Tharaud111. Il publie ses mémoires, Jadis (Flammarion, 2 vol., 1948-1952), et un récit de ses années de guerre, Épisodes, 1940-1944 (Flammarion, 1950)112.

Son dernier grand combat parlementaire est dirigé contre la Communauté européenne de défense (CED). Le 30 août 1954, ne pouvant plus monter à la tribune, il s’exprime depuis son banc : « Pour moi, pour nous, la CED c’est la fin de la France. » Le traité est rejeté le jour même113. Ce refus ne fait pas de lui un adversaire de l’idée européenne : dès janvier 1925, président du Conseil, il s’était déclaré partisan des « États-Unis d’Europe »114, puis, en 1929-1930, avait plaidé pour une fédération européenne (Europe, Rieder, 1930)115 ; il rejetait une armée supranationale qu’il jugeait incompatible avec la souveraineté française. En 1955, il soutient le congrès de rénovation du Parti radical voulu par Pierre Mendès France116.

La mort et la controverse des derniers sacrements

Édouard Herriot meurt le 26 mars 1957 à l’hôpital Sainte-Eugénie de Saint-Genis-Laval (Rhône), à l’âge de quatre-vingt-quatre ans117. La veille, le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, lui a rendu visite ; selon le prélat, Herriot aurait reçu les derniers sacrements et accepté des obsèques religieuses. La nouvelle suscite une vive polémique : le vieux chef laïque a-t-il consenti en pleine conscience, ou son entourage a-t-il forcé sa volonté118 ? Le cardinal Gerlier célèbre une messe le 28 mars. Des obsèques nationales ont lieu le 30 mars 1957 place Bellecour, en présence du président de la République René Coty et du président du Conseil Guy Mollet119. Il repose au cimetière de Loyasse, à Lyon.

8. L’écrivain et l’orateur

Herriot ne fut jamais seulement un homme politique. Son œuvre compte plus d’une quarantaine de volumes : essais d’histoire littéraire (Précis de l’histoire des lettres françaises, 1905), récits de voyage (Impressions d’Amérique, 1923 ; Orient, 1934), évocations régionales (Dans la forêt normande, 1925 ; La Porte océane, 1932), biographie musicale (La Vie de Beethoven, 1929), essais politiques (Pourquoi je suis radical-socialiste, 1928 ; Europe, 1930 ; Aux sources de la liberté, 1939), histoire (Lyon n’est plus, 1937-1940) et mémoires (Jadis, 1948-1952)120.

Orateur réputé, doté d’une mémoire prodigieuse, il est décrit par le Sénat comme un homme à « l’érudition immense », à la « silhouette massive », aux « cheveux drus » et à « l’inséparable pipe »121. La pipe devient d’ailleurs un attribut politique : les caricaturistes s’en emparent, et le journal Le Libertaire y voit dès 1924 un écran de fumée destiné à tromper l’opinion122.

Citations à manier avec prudence. La formule « La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié », souvent attribuée à Herriot, est empruntée : il la cite dans Jadis en l’attribuant à un « moraliste oriental » ; elle provient en réalité de la pédagogue suédoise Ellen Key (1891). La phrase sur « la politique… comme l’andouillette » ne repose sur aucune source primaire identifiée et doit être tenue pour apocryphe123.

9. Postérité et historiographie

Buste d’Édouard Herriot sur un socle de pierre gravé, entouré de massifs fleuris
Monument à Édouard Herriot, square Jussieu (Lyon 3e), buste par André Tajana, inauguré le 21 mars 1970. Crédit : Jacques59370, 2014 – CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

La mémoire d’Herriot est inscrite dans la toponymie lyonnaise : hôpital Édouard-Herriot (1935), rue du Président-Édouard-Herriot (1957), port et lycée Édouard-Herriot, salle Édouard Herriot au Palais de la Mutualité, monument du square Jussieu inauguré le 21 mars 1970124. Le Cercle Édouard Herriot, fondé en 1965 par ses amis, a publié en 1975 un volume d’Études et témoignages (Publications de la Sorbonne) réunissant notamment Jules Romains, Jean Rostand et Jean-Baptiste Duroselle125.

Les jugements des contemporains sont contrastés. Alain, dans un propos sévère du 25 avril 1934, l’évoque « puissant par le suffrage populaire, puissant par l’éloquence, puissant par l’espoir des foules », pour mieux lui reprocher d’avoir sanctionné un modeste fonctionnaire pacifiste126. François Mauriac, dans son Bloc-notes, écrit : « En vérité, Édouard Herriot était un gros homme charmant. Son charme naissait de ce contraste entre la culture, tous les dons d’une intelligence royale et la ruse, disons la finesse politicienne »127. De Gaulle voit en lui « ce vétéran des débats, des rites et des honneurs de la IIIe République, ce chantre toujours émouvant des impulsions contradictoires »128. La Grande Encyclopédie Larousse observe que « ce n’est certes pas l’exercice du pouvoir qui a rendu célèbre Édouard Herriot » : il ne passa que peu de temps au gouvernement, mais fit du Parti radical le pilier de la République de l’entre-deux-guerres129.

L’historiographie s’est profondément renouvelée depuis la biographie de référence de Serge Berstein (1985). Trois thèses récentes ont été soutenues : celle de Jérôme Henning sur Le Radicalisme d’Édouard Herriot et la crise des institutions, 1905-1954 (Aix-Marseille, 2017, publiée chez Dalloz en 2019), celle de Bertrand Silvestre sur l’éducation populaire à Lyon sous ses mandats (Lyon 2, 2017) et celle de Yann Sambuis sur Édouard Herriot et les forces politiques lyonnaises, 1904-1957 (Lyon 2, 2021). Le colloque de Lyon d’octobre 2018, publié en 2020 sous la direction de Bruno Benoit (Édouard Herriot en quatre portraits : le Lyonnais, l’humaniste, le politique et l’Européen), en offre la synthèse la plus complète130.

Homme de la IIIe République par excellence, Herriot en a incarné à la fois les grandeurs (l’école, la laïcité, le parlementarisme, l’investissement municipal) et les limites : l’instabilité gouvernementale, l’impuissance face aux contraintes financières, les aveuglements de 1933 et l’attentisme de 1940. C’est cette complexité qu’il appartient au Cercle de faire connaître.

Chronologie sommaire

Chronologie sommaire de la vie d’Édouard Herriot
Date Événement
5 juillet 1872 Naissance à Troyes (Aube)
1891 Entrée à l’École normale supérieure
1894 Agrégation de lettres, reçu premier
1896 Professeur de rhétorique au lycée Ampère de Lyon
30 octobre 1899 Mariage avec Blanche Rebatel
1904 Thèse Madame Récamier et ses amis ; élu conseiller municipal de Lyon (mai)
3 novembre 1905 Élu maire de Lyon
11 août 1912 Élu sénateur du Rhône (jusqu’au 23 décembre 1919)
1er mai – 1er nov. 1914 Exposition internationale urbaine de Lyon (Gerland)
1916 Création de la Foire de Lyon
Déc. 1916 – mars 1917 Ministre des Travaux publics, des Transports et du Ravitaillement
16 novembre 1919 Élu député du Rhône
14 juin 1924 – 10 avril 1925 Nommé président du Conseil, premier gouvernement Herriot (Cartel des gauches)
19 – 21 juillet 1926 Deuxième gouvernement Herriot
23 juillet 1926 – 6 novembre 1928 Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts (gouvernement Poincaré)
3 juin – 14 décembre 1932 Troisième gouvernement Herriot
26 août – 14 sept. 1933 Voyage en URSS (dont l’Ukraine)
9 février 1934 – 22 janvier 1936 Ministre d’État (Doumergue, Flandin, Laval)
4 juin 1936 – 1940 Président de la Chambre des députés
10 juillet 1940 Abstention lors du vote des pleins pouvoirs à Pétain
31 août 1942 Lettre de protestation à Pétain, avec Jules Jeanneney
1er octobre 1942 – 24 ou 25 avril 1945 Résidence surveillée en Isère, internements en France (Évaux-les-Bains, Vittel, Maréville), puis déportation en Allemagne
Mai 1945 Retour en France ; réélu maire de Lyon
5 décembre 1946 Élu à l’Académie française (fauteuil 8)
21 janvier 1947 – 11 janvier 1954 Président de l’Assemblée nationale, puis président d’honneur
30 août 1954 Discours contre la Communauté européenne de défense (CED)
26 mars 1957 Mort à Saint-Genis-Laval ; obsèques nationales le 30 mars

Notes

  1. Assemblée nationale, base Sycomore, notice « Edouard Herriot », https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/3819 [lien consulté le 19 septembre 2026] ; Sénat, notice « HERRIOT Édouard », base des anciens sénateurs de la IIIe République, https://www.senat.fr/senateur-3eme-republique/herriot_edouard1121r3.html [lien consulté le 19 septembre 2026] ; Académie française, notice « Édouard HERRIOT », https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/edouard-herriot [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  2. Académie française, notice citée (« fils d’officier d’infanterie »). Noms et dates des parents : Wikipédia, article « Édouard Herriot », https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Herriot [lien consulté le 19 septembre 2026] ; Alain Garric, « Edouard HERRIOT », base « garric », Geneanet, https://gw.geneanet.org/garric?lang=fr&n=herriot&oc=0&p=edouard [lien consulté le 28 septembre 2026] ; concordants, mais non vérifiés sur l’acte de naissance (Archives départementales de l’Aube).↩

  3. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  4. Ibid. ; France Mémoire, dossier « Naissance d’Édouard Herriot », coordonné par Jérôme Henning, 2022, https://www.france-memoire.fr/naissance-dedouard-herriot/ [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  5. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Académie française, notice citée. La chronologie de ce compagnonnage reste à préciser : Herriot entre à l’École normale supérieure en 1891, alors que Péguy (né en 1873) n’y entre qu’en 1894.↩

  6. Académie française, notice citée ; Archives municipales de Lyon, notice « Édouard Herriot (1872-1957) », https://www.archives-lyon.fr/pages/edouard_herriot [lien consulté le 19 septembre 2026] ; IdRef, notice d’autorité « Herriot, Édouard (1872-1957) », n° 033451869, https://www.idref.fr/033451869 [lien consulté le 28 septembre 2026] ; France Mémoire, dossier cité.↩

  7. IdRef, notice citée : « Ancien élève de l’École normale supérieure (1891 l) », « Agrégé de lettres (1894) » ; Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée, et Sénat, notice citée : « reçu premier à l’agrégation, à 22 ans », âge qu’il atteint en juillet 1894. L’Académie française, la Grande Encyclopédie Larousse (Paris, Larousse, 1971-1976, notice « Herriot (Édouard) », https://www.larousse.fr/archives/grande-encyclopedie/page/6585 [lien consulté le 19 septembre 2026]) et les Archives municipales de Lyon indiquent 1893, date incompatible avec ces éléments.↩

  8. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; BnF, catalogue général, notice cb36564573v (Philon le Juif, 1898). L’Académie française et les Archives municipales de Lyon datent l’ouvrage de 1897. Wikipédia indique que l’ouvrage reçut le prix Victor-Cousin, décerné par l’Académie des sciences morales et politiques (non recoupé).↩

  9. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Comité de l’histoire du lycée Clemenceau de Nantes, « Herriot (Edouard) », Nos ans criés, 5 juin 2014, https://www.nosanscries.fr/individu/herriot-edouard/ [lien consulté le 28 septembre 2026]. Les Archives municipales de Lyon et l’UCIL (« Comment Édouard Herriot a marqué Lyon », https://www.ucil.fr/actualites/ucil-comment-edouard-herriot-a-marque-lyon.html [lien consulté le 19 septembre 2026]) indiquent 1895 ; la chronologie nantaise rend 1896 plus probable.↩

  10. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  11. Ibid. ; Académie française, notice citée.↩

  12. Archives municipales de Lyon, notice citée (date du mariage). Une copie de Wikipédia indique le 28 octobre ; la date des Archives municipales est retenue. Dates de Blanche Rebatel : Bibliothèque municipale de Lyon, Guichet du Savoir, question n° 10974, « Blanche Rebatel », 1er avril 2006, https://www.guichetdusavoir.org/question/voir/10974 [lien consulté le 28 septembre 2026] (d’après l’état civil et Le Progrès du 26 septembre 1962). Fleury Rebatel : Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, « Présidents du département du Rhône de 1790 à nos jours », https://archives.rhone.fr/document/liste-des-presidents-du-departement-du-rhone-1790-a-nos-jours- [lien consulté le 28 septembre 2026] (1883, 1889) ; IdRef, notice d’autorité de Fleury Rebatel (1845-1905), n° 03025583X, https://www.idref.fr/03025583X [lien consulté le 28 septembre 2026].↩

  13. BnF, catalogue général, notices cb30599013m (Madame Récamier et ses amis, 1904) et cb387486452 (Madame Récamier, film de Gaston Ravel et Tony Lekain, 1928) ; Académie française, notice citée.↩

  14. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; France Mémoire, dossier cité.↩

  15. Archives municipales de Lyon, notice citée ; UCIL, « Comment Édouard Herriot a marqué Lyon », art. cit. La base Sycomore et la notice du Sénat indiquent le 5 novembre 1905.↩

  16. Archives municipales de Lyon, notice citée.↩

  17. Ibid.↩

  18. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Archives municipales de Lyon, notice citée.↩

  19. UCIL, « Comment Édouard Herriot a marqué Lyon », art. cit.↩

  20. Archives municipales de Lyon, exposition en ligne « Des événements internationaux », https://www.archives-lyon.fr/expos/des-evenements-internationaux [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  21. Wikipédia, article « Piscine Garibaldi », https://fr.wikipedia.org/wiki/Piscine_Garibaldi [lien consulté le 28 septembre 2026] (projet délibéré en 1931, architecte Charles Colliard). La date de 1928 parfois avancée n’est pas retenue.↩

  22. Archives municipales de Lyon, notice citée ; UCIL, « Comment Édouard Herriot a marqué Lyon », art. cit. (qui compte dix maternelles).↩

  23. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  24. « Lyon : ils constituent une carte des monuments “qui honorent les figures esclavagistes” », LyonMag, 11 juin 2020, https://www.lyonmag.com/article/108258/lyon-ils-constituent-une-carte-des-monuments-qui-honorent-les-figures-esclavagistes [lien consulté le 28 septembre 2026] (carte réalisée par des internautes). Les effectifs cités par cette source (120 Sénégalais, 104 Chinois) n’ont pas été recoupés.↩

  25. Archives municipales de Lyon, exposition en ligne « Des événements internationaux », citée.↩

  26. Bibliothèque municipale de Lyon, exposition en ligne « Airs du temps. Édouard Herriot et la vie musicale à Lyon » (2017-2018), page « La partition municipale », https://www.bm-lyon.fr/expositions-en-ligne/edouard-herriot-et-la-vie-musicale-a-lyon-520/exposition/la-partition-municipale/ [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  27. Ibid. ; BnF, catalogue général, notice cb41162031s (La Vie de Beethoven, 1929).↩

  28. Archives municipales de Lyon, notice citée.↩

  29. INA, Lumières sur Rhône-Alpes, « Inauguration de la télévision régionale », 1954, https://fresques.ina.fr/rhone-alpes/fiche-media/Rhonal00129/inauguration-de-la-television-regionale.html [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  30. Édouard Herriot, Jadis, t. II, D’une guerre à l’autre, 1914-1936, Paris, Flammarion, 1952, p. 644, cité par les Archives municipales de Lyon, notice citée.↩

  31. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée. Le dossier de France Mémoire, cité, indique 1909.↩

  32. Sénat, notice citée.↩

  33. Archives municipales de Lyon, exposition en ligne « Édouard Herriot et la guerre », https://www.archives-lyon.fr/expos/edouard-herriot-et-la-guerre [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  34. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée, et Sénat, notice citée, indiquent 1er décembre 1916 – 18 mars 1917, d’après le Dictionnaire des parlementaires français de Jean Jolly ; le cabinet Briand VI ayant été constitué le 12 décembre 1916 et le cabinet Ribot installé le 20 mars 1917, ces dates sont retenues ici. Voir Pierre Renouvin, Les Formes du gouvernement de guerre, Paris, PUF, 1925, p. 149 et 151, cité par Alain Chatriot, « La taxation du pain. L’État et l’organisation du ravitaillement durant la Première Guerre mondiale en France », dans Une fiscalité de guerre ?, Paris, IGPDE, 2018, https://books.openedition.org/igpde/5303 [lien consulté le 26 septembre 2026].↩

  35. Pierre Pinot, Le Contrôle du ravitaillement de la population civile, Paris/New Haven, PUF/Yale University Press, Dotation Carnegie pour la paix internationale, 1925, p. 9 : les services du Ravitaillement, d’abord rattachés au ministère du Commerce en 1915, le sont au ministère des Travaux publics par le décret du 31 décembre 1916, avant d’être constitués en ministère du Ravitaillement général et des Transports maritimes le 7 avril 1917.↩

  36. Archives nationales (AN), C 7761, séance du 23 janvier 1917, cité par Pierre Chancerel, « L’approvisionnement en charbon de l’industrie française pendant la Première Guerre mondiale », dans L’Industrie dans la Grande Guerre, Paris, IGPDE, 2018, p. 135, https://books.openedition.org/igpde/4943 [lien consulté le 28 septembre 2026].↩

  37. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Sénat, notice citée, reprenant le Dictionnaire des parlementaires français de Jean Jolly.↩

  38. Pierre Pinot, Le Contrôle du ravitaillement…, op. cit., p. 46-48 (arrêté du 1er décembre 1917, texte intégral) et p. 82-83 (circulaire du 21 mars 1918 et effets du rationnement).↩

  39. Ibid., p. 45-46. Le décret du 3 août 1917, pris par Maurice Viollette, avait auparavant institué un simple carnet familial.↩

  40. Exemple documenté : l’arrêté du maire de Desvres (Pas-de-Calais) du 10 juin 1917 instituant « la vente du pain à l’aide d’une carte familiale » (Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 16/96).↩

  41. Pierre Pinot, Le Contrôle du ravitaillement…, op. cit., p. 114-116 : l’avant-projet d’arrêté préfectoral annexé à la circulaire du 4 janvier 1917 vise expressément « les instructions du ministre des Travaux publics, des Transports et du Ravitaillement ».↩

  42. Ibid., p. 37. Une partie des sources datent l’interdiction du pain frais du 25 février 1917 ; les visas des arrêtés municipaux de 1917 renvoient bien au décret du 9 février.↩

  43. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Sénat, notice citée.↩

  44. Yann Sambuis, « L’accusation de corruption comme moyen d’affaiblir un adversaire politique. La triple enquête sur les “trafics” d’Édouard Herriot (1918-1919) », communication au colloque « Menaces à la démocratie : regards croisés sur la corruption, France-Espagne, XIXe-XXIe siècles », Lyon, Université Jean Moulin Lyon 3, 9-10 novembre 2023, HAL halshs-04653495, https://shs.hal.science/halshs-04653495 [lien consulté le 26 septembre 2026].↩

  45. Ibid., d’après le Journal officiel, Débats parlementaires, Sénat, séance du 11 février 1919. Herriot relève au passage l’invraisemblance de l’accusation : l’encadrement des prix du riz n’a été mis en place que le 17 octobre 1918, soit après le début de l’enquête.↩

  46. Ibid. L’auteur relève par honnêteté que « si les chiffres avancés par le préfet sont vrais, on est forcés de constater que les tarifs pratiqués par la mairie et Ferriot dans leurs échanges posaient bien question, même s’ils étaient légaux à la date où ils interviennent ».↩

  47. Édouard Herriot, Jadis, cité par Yann Sambuis, « L’accusation de corruption… », art. cit.↩

  48. BnF, catalogue général, notices cb30599004n (Agir, 1917) et cb34043296w (Créer, 1919).↩

  49. Nicolas Beaupré, « Agir et Créer. Les “écrits de guerre” d’Édouard Herriot », dans Bruno Benoit (dir.), Édouard Herriot en quatre portraits. Le Lyonnais, l’humaniste, le politique et l’Européen, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2020, p. 265-278, https://books.openedition.org/septentrion/139380 [lien consulté le 28 septembre 2026].↩

  50. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée (45 712 voix sur 156 075 votants).↩

  51. Sénat, notice citée : « En 1919, il est élu président du parti radical. Il le restera plus de 35 ans, sauf pendant deux périodes. » Lui succèdent Maurice Sarraut en 1926 (Sénat, notice « SARRAUT Maurice », https://www.senat.fr/senateur-3eme-republique/sarraut_maurice0276r3.html [lien consulté le 28 septembre 2026]), puis Édouard Daladier en 1927 ; Herriot reprend la présidence en 1931. Les dates de la seconde interruption divergent : 1935-1938 selon le Sénat, 1936-1945 selon la Grande Encyclopédie Larousse et Wikipédia. Il est élu président à vie par acclamation en 1953 (Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée).↩

  52. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Édouard Herriot, France et Vatican, 1920 (BnF, catalogue général, notice cb32241612q).↩

  53. BnF, catalogue général, notice cb37314777j (La Russie nouvelle, 1922).↩

  54. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Sénat, notice citée ; Grande Encyclopédie Larousse, op. cit., notice « Cartel des gauches (1924-1926) », https://www.larousse.fr/archives/grande-encyclopedie/page/2584 [lien consulté le 28 septembre 2026].↩

  55. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  56. Grande Encyclopédie Larousse, notice « Cartel des gauches », citée ; Jacques Bardoux, L’Expérience de 1924. Le dialogue J. Ramsay MacDonald – Édouard Herriot, Paris, Firmin-Didot, 1930.↩

  57. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Grande Encyclopédie Larousse, notice « Cartel des gauches », citée.↩

  58. Archives diplomatiques, 89PAAP/16, fol. 12, lettre d’Édouard Herriot, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, à Rykof, président du Conseil des commissaires du peuple, et Tchitcherine, commissaire du peuple aux Affaires étrangères, Paris, 28 octobre 1924, reproduite dans France Diplomatie, « Les révolutions russes de 1917 », annexe 15, https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/archives-bibliotheque/ressources-pedagogiques/agenda-et-offre-culturelle-des-archives/les-revolutions-russes-de-1917 [lien consulté le 28 septembre 2026] ; Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  59. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Grande Encyclopédie Larousse, notice « Cartel des gauches », citée (transfert des cendres de Jaurès le 23 novembre 1924).↩

  60. Grande Encyclopédie Larousse, notice « Cartel des gauches », citée.↩

  61. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Grande Encyclopédie Larousse, notice « Cartel des gauches », citée. Sur les mécanismes financiers (dépassement du plafond des avances de la Banque de France), voir Jean-Noël Jeanneney, Leçon d’histoire pour une gauche au pouvoir. La faillite du Cartel (1924-1926), Paris, Seuil, 1977.↩

  62. Date du 22 avril 1925 selon les copies de Wikipédia ; la base Sycomore indique le 22 août 1925. La date d’avril, cohérente avec la chute du 10 avril, est retenue.↩

  63. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  64. Ibid. ; Sénat, notice citée.↩

  65. Bernard Toulemonde, La Gratuité de l’enseignement : passé, présent, avenir, rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale, Paris, ministère de l’Éducation nationale, 2002, https://www.education.gouv.fr/media/43970/download [lien consulté le 19 septembre 2026]. La notice Sycomore écrit plus largement que la loi du 27 décembre 1927 « accorde la gratuité dans les lycées de la 6e à la 3e » ; la chronologie du rapport, plus précise, est retenue.↩

  66. BnF, catalogue général, notice cb365645746 (Pourquoi je suis radical-socialiste, 1928).↩

  67. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Sénat, notice citée.↩

  68. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  69. Ibid. ; Édouard Herriot, Le Problème des dettes, Paris, Fasquelle, 1933 (BnF, catalogue général, notice cb34064390r).↩

  70. Voir Iryna Dmytrychyn, Le Voyage de monsieur Herriot. Un épisode de la Grande Famine en Ukraine, Paris, L’Harmattan, 2018 ; Cyrille Zaitseff, Herriot en Russie, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1933. Dates du voyage : Gilles Legroux, « Le voyage d’Édouard Herriot en URSS -1933 », Clio Texte, 3 avril 2022, mis à jour le 9 mai 2024, https://clio-texte.clionautes.org/voyage-edouard-herriot-urss-ukraine.html [lien consulté le 28 septembre 2026].↩

  71. Iryna Dmytrychyn [Ірина Дмитришин], « Червоні окуляри Едуарда Ерріо » [« Les lunettes rouges d’Édouard Herriot »], Український тиждень, 31 octobre 2019, n° 44 (624), mis en ligne le 10 novembre 2019, https://tyzhden.ua/chervoni-okuliary-eduarda-errio/ [lien consulté le 28 septembre 2026].↩

  72. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  73. Ibid. ; Sénat, notice citée.↩

  74. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  75. Ibid. ; Sénat, « Les figures marquantes : Édouard Herriot », dossier d’histoire « Le Parti radical », https://www.senat.fr/connaitre-le-senat/lhistoire-du-senat/dossiers-dhistoire/le-parti-radical/les-figures-marquantes-edouard-herriot.html [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  76. BnF, catalogue général, notices cb34200717x à cb34200720t (Lyon n’est plus, 4 vol., 1937-1940). Un tome V posthume, Royalistes et républicains, a paru aux Éditions lyonnaises d’art et d’histoire en 1993.↩

  77. Académie française, notice citée.↩

  78. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  79. Ibid. ; Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD), présentation de la conférence de Jérôme Henning, « Édouard Herriot dans la Seconde Guerre mondiale, un parcours entre volonté et résignation », Lyon, 17 décembre 2020, https://www.chrd.lyon.fr/musee/conference/edouard-herriot-dans-la-seconde-guerre-mondiale [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  80. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; INA, Lumières sur Rhône-Alpes, « Le retour du président Herriot », 1945, https://fresques.ina.fr/rhone-alpes/fiche-media/Rhonal00105/le-retour-du-president-herriot.html [lien consulté le 19 septembre 2026].↩

  81. Archives municipales de Lyon, notice citée (fin du deuxième mandat au 20 septembre 1940).↩

  82. INA, « Le retour du président Herriot », cité.↩

  83. CHRD, présentation de la conférence de Jérôme Henning, citée. Voir aussi Jérôme Henning, « La résistance légale des présidents des Chambres, Jules Jeanneney et Édouard Herriot, face au régime de Vichy (1940-1942) », Cahiers Jean Moulin, 2015, n° 1, https://journals.openedition.org/cjm/101 [lien consulté le 26 septembre 2026].↩

  84. L’expression est introduite par Serge Berstein, Édouard Herriot ou la République en personne, Paris, Presses de la FNSP, 1985, p. 274-275 et 280 (ouvrage non consulté directement) ; Jean-Noël Jeanneney parle pour sa part de « résistance juridique » dans sa présentation de Jules Jeanneney, Journal politique. Septembre 1939 – juillet 1942, Paris, Armand Colin, 1972, p. XVI (ouvrage non consulté directement). L’étude systématique est celle de Jérôme Henning, « La résistance légale des présidents des Chambres… », art. cit.↩

  85. Jérôme Henning, « La résistance légale des présidents des Chambres… », art. cit., § 2.↩

  86. Ibid., § 14 et 20-21.↩

  87. Cité par Jérôme Henning, « La résistance légale des présidents des Chambres… », art. cit., § 20. Michael Marrus et Robert Paxton, Vichy et les Juifs, Paris, Calmann-Lévy, 1981, p. 213 (cité d’après Jérôme Henning), jugent que les deux présidents « n’avaient pas mis en question la validité de la loi », mais tinrent pour une victoire d’avoir contraint Pétain à en assumer l’application.↩

  88. Jérôme Henning, « La résistance légale des présidents des Chambres… », art. cit., § 30-31.↩

  89. Olivier Wieviorka, Les Orphelins de la République. Destinées des députés et sénateurs français, 1940-1945, Paris, Seuil, 2001, p. 279-280 (ouvrage non consulté directement) ; Karen Fiorentino, citée par Jérôme Henning, « La résistance légale des présidents des Chambres… », art. cit., note 26.↩

  90. Édouard Herriot, Épisodes. 1940-1944, Paris, Flammarion, 1950, p. 164-165 (ouvrage non consulté directement), cité par Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation : Édouard Herriot, un parcours de privation de libertés (1940-1945) », Histoire@Politique, 2024, n° 52, § 25, https://journals.openedition.org/histoirepolitique/17348 [lien consulté le 26 septembre 2026], et par Jérôme Henning, « La résistance légale des présidents des Chambres… », art. cit., § 27. Le grand rabbin de France était alors Isaïe Schwartz (1876-1952), replié à Lyon depuis juin 1941 ; aucune des sources consultées ne le nomme expressément comme destinataire. Les deux historiens divergent sur la publicité donnée à cette lettre : Henning y voit une « condamnation publique des lois antisémites », Sambuis écrit qu’elle ne fut pas rendue publique.↩

  91. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  92. Jules Jeanneney, Journal politique…, op. cit., p. 320 ; Édouard Herriot, Épisodes…, op. cit., p. 159-162. Cette lettre-là fut massivement reprise par la presse américaine en septembre 1942 et saluée en conférence de presse par le secrétaire d’État Cordell Hull : Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit., § 27.↩

  93. Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit., § 29 ; Édouard Herriot, Épisodes…, op. cit., p. 179. Herriot s’était retiré à Brotel dès 1940, mais volontairement : c’est le 1er octobre 1942 que la surveillance devient une assignation.↩

  94. Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit., § 31 et 34, et note 62, renvoyant à Jacques Bruyas, Édouard Herriot, Roanne-Le Coteau, Horvath, 1985, p. 75-76 ; Vincent Giraudier, Les Bastilles de Vichy, Paris, Tallandier, 2009, p. 221-225.↩

  95. Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit., § 35, qui laisse la question ouverte ; Serge Berstein, Édouard Herriot ou la République en personne, op. cit., p. 275 ; Fred Kupferman, Laval, Paris, Tallandier, 2006, p. 525 (ouvrage non consulté directement) ; Archives municipales de Lyon, notice citée. Yann Sambuis dénombre huit lieux de détention en moins de deux ans.↩

  96. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit. Sur le projet de Laval et le déjeuner du 18 août à Matignon avec Herriot et Abetz, voir Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, t. II, L’Unité. 1942-1944, Paris, Plon, 1956, p. 289-290 et 298.↩

  97. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, t. III, Le Salut, Paris, Plon, 1959, cité par l’INA, « Le retour du président Herriot », cité ; Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit., § 35, note 66, renvoyant à Serge Berstein, Édouard Herriot ou la République en personne, op. cit., p. 280.↩

  98. Archives municipales de Lyon, notice citée ; Sénat, « Les figures marquantes : Édouard Herriot », cité. Certaines sources situent l’arrestation au 18 août ; or Charles de Gaulle date du 18 août le déjeuner d’adieu de Laval, Herriot et Abetz à Matignon (Mémoires de guerre, t. II, op. cit., p. 298), et Yann Sambuis ne donne pas de jour précis.↩

  99. Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit., § 36.↩

  100. Ibid. ; Édouard Herriot, Épisodes…, op. cit., p. 207 ; Henri Besseige, Herriot parmi nous…, Paris, Magnard, 1960, p. 347-350. On lira avec prudence l’expression de « déportation d’honneur », forgée par Fred Kupferman (Laval, op. cit., p. 566) et souvent reprise : Yann Sambuis la cite précisément pour la contester.↩

  101. Yann Sambuis, « De la révocation à la déportation… », art. cit., § 36 : la date du 24 avril est donnée par Henri Besseige (Herriot parmi nous…, op. cit., p. 351), celle du 25 par Serge Berstein (Édouard Herriot ou la République en personne, op. cit., p. 281). Itinéraire du retour : Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  102. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; INA, « Le retour du président Herriot », cité.↩

  103. Archives municipales de Lyon, notice citée. L’INA indique le 18 mai.↩

  104. INA, « Le retour du président Herriot », cité.↩

  105. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  106. Ibid.↩

  107. Ibid.↩

  108. Ibid. ; Serge Berstein, Édouard Herriot ou la République en personne, op. cit.↩

  109. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; France Mémoire, dossier cité.↩

  110. Formule rapportée par la notice Sycomore (Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée) ; Félicien Lemaire, « L’outre-mer, l’unité et l’indivisibilité de la République », Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel, avril 2012, n° 35, note 12, https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/l-outre-mer-l-unite-et-l-indivisibilite-de-la-republique [lien consulté le 19 septembre 2026], qui renvoie au Journal officiel, Débats de l’Assemblée nationale constituante, 2e séance du 27 août 1946, p. 3334. Une autre version, « Si nous donnions l’égalité des droits aux peuples coloniaux, nous serions la colonie de nos colonies », datée du 27 août 1946, circule dans des sources secondaires (notamment Bernard Lugan, God Bless Africa, Paris, Carnot, 2003, p. 147, cité par le wiki Suffrage universel) ; aucune source consultée ne la rattache au Journal officiel.↩

  111. Académie française, notice citée. Jean Rostand lui succède au fauteuil 8 (élu le 16 avril 1959).↩

  112. BnF, catalogue général, notices cb322416163 (Jadis, 1948-1952) et cb322416043 (Épisodes. 1940-1944, 1950).↩

  113. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  114. Grande Encyclopédie Larousse, op. cit., notice « Europe », https://www.larousse.fr/archives/grande-encyclopedie/page/5181 [lien consulté le 19 septembre 2026] : « en janvier 1925, le président du Conseil Herriot se dit officiellement partisan des “États-Unis d’Europe” ».↩

  115. BnF, catalogue général, notices cb322416101 (La Fédération européenne, 1929) et cb35495805r (Europe, 1930).↩

  116. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  117. Ibid. ; Archives municipales de Lyon, notice citée ; Bibliothèque municipale de Lyon, Guichet du Savoir, question n° 698, « Edouard Herriot », 1er mai 2004, https://www.guichetdusavoir.org/question/voir/698 [lien consulté le 19 septembre 2026] (citant Le Progrès du 27 mars 1957).↩

  118. Guichet du Savoir, question n° 698, citée ; Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée. Henri Hours, Treize Lyonnais célèbres, Lyon, Lyon Mag’ éditions, 1997 (SUDOC 047448814), cité par le Guichet du Savoir, question n° 698, citée (ouvrage non consulté directement), estime que « depuis une vingtaine d’années Herriot était travaillé par les questions religieuses ». Voir aussi Mère Marie-Yvonne, Édouard Herriot et Dieu, Paris-Tournai, Casterman, 1965.↩

  119. Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée ; Archives municipales de Lyon, notice citée.↩

  120. Voir la bibliographie complète établie séparément par le Cercle (document « Bibliographie Édouard Herriot »), vérifiée dans le catalogue de la BnF et le SUDOC.↩

  121. Sénat, « Les figures marquantes : Édouard Herriot », cité.↩

  122. « Édouard Herriot et sa pipe en ligne de mire », Pipe Gazette, 31 mars 2021, https://www.pipegazette.com/2018/03/edouard-herriot-et-sa-pipe-en-ligne-de.html [lien consulté le 28 septembre 2026] (source secondaire ; l’adresse de la page porte la date de mars 2018).↩

  123. Le Songeur, « Les Jeudis du Songeur (101) », Éditions de Beaugies, 9 juin 2016, https://www.editionsdebeaugies.org/jeudi101.php [lien consulté le 28 septembre 2026] (origine de la citation sur la culture). Pour l’andouillette : absence dans toutes les sources institutionnelles et encyclopédiques consultées.↩

  124. Archives municipales de Lyon, notice citée ; Ville de Lyon, Inauguration du monument Édouard Herriot, 21 mars 1970, Lyon, 1970 (BnF, catalogue général, notice cb362759925).↩

  125. Cercle Édouard Herriot, Édouard Herriot. Études et témoignages, Paris, Publications de la Sorbonne, 1975 (BnF, catalogue général, notice cb34569909s).↩

  126. Alain, « Le lampiste devant Herriot », propos XCI, 25 avril 1934, dans Suite à Mars. Échec de la force, Paris, Gallimard, 1939 ; édition numérique de Marcelle Bergeron, Les Classiques des sciences sociales, 2003, p. 196-198, https://classiques.uqam.ca/classiques/Alain/suite_a_mars_echec_de_la_force/echec_de_la_force.html [lien consulté le 28 septembre 2026]. Souvent cité comme un éloge, ce passage est en réalité critique : la formule est prise dans une construction négative (« ce n’est pas Herriot […] puissant par le suffrage populaire […]. Non, ce n’est pas Herriot. C’est l’éternel lampiste »).↩

  127. François Mauriac, Le Nouveau Bloc-notes. 1958-1960, Paris, Flammarion, 1961 ; rééd. Bloc-notes, t. II, 1958-1960, éd. Jean Touzot, Paris, Seuil, coll. « Points Essais », 1993, vraisemblablement entrée du vendredi 13 novembre 1959, au lendemain de la réception de Jean Rostand à l’Académie française (p. 340-341 de l’édition de 1993) ; citation reprise par l’Académie française, notice citée.↩

  128. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, t. III, Le Salut, op. cit. ; Assemblée nationale, base Sycomore, notice citée.↩

  129. Grande Encyclopédie Larousse, notice « Herriot (Édouard) », citée.↩

  130. theses.fr, notices 2017AIXM0533, 2017LYSE2146 et 2021LYSE2009 ; BnF, catalogue général, notices cb456897139 (Jérôme Henning, Le Radicalisme d’Édouard Herriot et la crise des institutions, 1905-1954, Paris, Dalloz, 2019) et cb46515261b (Bruno Benoit [dir.], Édouard Herriot en quatre portraits…, op. cit.).↩